Un mot perdu de Jean Moulin

18 septembre 2012

1. Un mot perdu de Jean Moulin

 

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Pour découvrir dans quel contexte plus général se situe ce blog, voyez :

http://unefrancearefaire.com

    

     Le 27 mai 1943, date de la première réunion du Conseil National de la Résistance, n'aura jamais eu officiellement qu'un statut historique de second rang. Rien à voir, en tout cas, avec ce qu'a longtemps pu être le 18 juin 1940...

     S'il fallait se poser la question de savoir pourquoi il en est allé ainsi jusqu'à présent, il apparaîtrait bien vite que la réponse tient "tout simplement" dans cette circonstance que le Conseil National de la Résistance est un souverain qui a été victime d'un crime politique... passé totalement inaperçu.

     Ainsi aujourd'hui ne le connaît-on plus guère que comme auteur de l'encore célèbre Programme du 15 mars 1944. Souvent reproduit, et parfois jusque dans son intégralité, ce texte comporte pourtant quelques éléments significatifs qui auraient pu, dès longtemps, faire dresser l'oreille à ses lectrices et lecteurs... Ainsi allons-nous nous arrêter, pendant un tout petit instant, sur le langage que le Conseil National de la Résistance utilise dans le document dont nous pressentons toutes et tous, aujourd'hui, qu'il était un chef-d'oeuvre...

     Voici tout d'abord le "Plan d'action immédiate" :

     "Les représentants des organisations de RESISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou    tendances politiques groupés au sein du C.N.R. expriment [...], proclament [...], adjurent [...], insistent [...], constatent [...], constatent [...], constatent [...].

     En conséquence, les représentants des organisations de RESISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. déclarent [...], ont l'espoir que [...], affirment solennellement [...]."

    
("solennellement" est-il écrit, et maintenant, le ton change)

     "Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le C.N.R. décide d'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises [...]. Tous ces comités seront placés [...] seront soumis à l'autorité des C.D.L. [comités départementaux de la libération] qui leur transmettront, comme directives [...] la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le C.N.R."

      Mais qui était-il donc? ce C.N.R. qui détermine une ligne politique ? (Voir les articles qui suivent)

Vidéo de l'exposition Jean Moulin

19 septembre 2012

2. La preuve perdue du caractère souverain du C.N.R.

     En février 1943, Jean Moulin se rend en Grande-Bretagne pour la seconde fois depuis la défaite de 1940. Il vient présenter au général de Gaulle la version définitive du statut de ce que sera ce qui ne s'appelle encore que : Conseil politique de la Résistance.

     Nul ne sait ce qu'ont pu être les discussions entre les deux hommes. Pour l'Histoire, le résultat le plus significatif s'en trouve désormais dans le deuxième tome des Mémoires de guerre ("L'Unité - 1942-1944", Plon, 1956), et très précisément à la page 445 d'une édition dont il faut souligner qu'elle est effectivement l'édition originale réalisée du vivant de de Gaulle...
 
 
 Instructions 21 fév 1943
 
 
 
               
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
...c'est à cette hauteur qu'il faut bien ouvrir l'oeil...
 
 
            
 
    
 
 
   
     Ce document est particulièrement significatif de la méthode de travail de l'"historien canonique" de la Seconde guerre mondiale et de tout ce qui devait nous mener à la Cinquième République : il est parsemé de points de suspension dont certains sont tout ce qu'il y a de plus massif! Ce qui n'empêche d'ailleurs pas les pires d'être parmi les plus discrets...
     Donnons-leur l'ampleur nécessaire :
 
Instructions 21 fév 1943 § 6
              
     Bon, et alors?... (voir la suite)

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20 septembre 2012

3. Sous le caviardage, la voix de Jean Moulin insiste...

     La belle page d'histoire que nous présente Charles de Gaulle est certes minée, d'un bout à l'autre, par tous ces points de suspension dont le poids de sens culmine dans le bout de phrase que nous privilégions.

       Mais, de plus, sur un tel "document", l'inscription en noir et blanc du nom de Jean Moulin, qui était censé l'emporter avec lui dans une France sous la botte de Vichy et des nazis, montre bien que le Général n'envisageait pas ici autre chose que d'en mettre plein la vue à ses lectrices et lecteurs (n'a-t-il pas "bidouillé" et en y insérant, cette fois, la désignation "M. J. Moulin, préfet" un prétendu ordre de mission dont, jusqu'à présent, jamais personne n'a retrouvé la moindre trace, y compris même dans les archives du grand menteur en question?).

     En attendant, voici que notre cher Conseil National de la Résistance en est toujours à "pouvoir statuer..." Or, en y regardant d'un peu plus près, nous découvrirons qu'il n'est pas interdit de voir, dans ce couac, l'une des raisons pour lesquelles, depuis 1944 et ses suites, la démocratie française s'est décidément fait clouer le bec.

      Près de quinze ans plus tard, cela devait s'appeler la "Constitution de la Cinquième République", mais c'est une autre histoire, et c'est, par la grâce de Charles de Gaulle, toujours la même.

     Or, décidément très organisé, Jean Moulin nous a laissé deux "brouillons"... En étudiant la question avec soin, on s'aperçoit qu'il n'avait pas tout à fait écrit la même version que celle qui nous a été livrée subrepticement. Chez lui, et dans ces deux cas-là au moins, il n'y a pas de points de suspension... Mais il n'y a pas non plus rien qu'un vide à l'endroit incriminé. Il y a effectivement quelque chose... Un mot... Un très bel adverbe.

     Si beau que, peut-être, il ne serait pas tout à fait vain de choisir de mourir pour lui...

     Comme par hasard. (Voir la suite)

3 bis. La Lettre de Michel J. Cuny

Pour recevoir régulièrement "La Lettre de Michel J. Cuny", veuillez transmettre votre adresse de courriel à :

michelj.cuny@orange.fr

Lettre n° 1 :   Pierre Guillain de Bénouville, l'homme qui a fait tomber Jean Moulin.
Lettre n° 2 :   Et Charles de Gaulle... combien de morts ?
Lettre n° 3 :   Une souveraineté guerrière...

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21 septembre 2012

4. Jean Moulin était-il donc si dangereux?

     Sans vouloir remettre en cause la belle formule selon laquelle les absents - et donc les morts - ont toujours tort, consentons à faire des "brouillons" de Jean Moulin quelque chose qui, lorsque Charles de Gaulle se livrait très tranquillement en 1956 au joli métier de faussaire en écritures "publiques", méritait encore qu’on s’y arrête un tout petit peu (puisqu’aujourd’hui, il est manifestement trop tard, peut-être…).

     (Jean Moulin, vers le 20 janvier 1943, point n° 6, à propos du Conseil) : « Ses membres ne doivent pas siéger par "délégation" d’un parti ou d’un groupe et être pourvus de "mandats impératifs", les décisions devant être prises souverainement. »

     (Jean Moulin, 1er février 1943) : « Nous ajoutons que, pour être efficace, le Conseil politique de la Résistance doit être composé de membres ayant la confiance absolue de leurs mandants et pouvant décider souverainement et sur l’heure. »

     Rappelons la version gaullienne : « Afin que le Conseil de la résistance ait le prestige et l'efficacité nécessaires, ses membres devront avoir été investis de la confiance des groupements qu'ils représentent et pouvoir statuer... sur l'heure au nom de leurs mandants. »  


     Voici donc la blessure mortelle dont Charles de Gaulle s’est rendu coupable :

           « souverainement… »

     Tout le monde l’aura compris, bafouer ainsi la souveraineté du Conseil National de la Résistance - rétrospectivement, mais aussi dans le concret de l’ensemble des mesures prises par de Gaulle après l’arrestation de Jean Moulin -, c’était réaliser l’"opération" Louis XVI à l’envers. Et anticiper d’un peu plus de dix ans sur la mise en place, par le même de Gaulle, de la très monarchique Constitution de la Vème République (1958, mais surtout 1962, pour l’élection du président au suffrage universel).

     Rétrospectivement, nous le voyons, tant cela devient aveuglant : cette contre-révolution passait par l’élimination physique de Jean Moulin dès avant l’heure de la Libération.*
    
(* D’où le titre de l’ouvrage « Fallait-il laisser mourir Jean Moulin ?» de Michel J. Cuny – Françoise Petitdemange, Éditions Paroles Vives, 1994)

8 - F    Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange

     Editions Paroles Vives

     1994

     (459 pages, 29 €)

 Pour atteindre la page de commande et de paiement,

                              c'est ici.

 

     Jean Moulin était-il donc si dangereux ?

     Là encore, les deux "brouillons" sont particulièrement explicites :

     (Vers le 20 janvier 1943, point n°5) : « Il ne saurait y avoir de place dans ledit Conseil ni pour les ouvriers de la dernière heure ni pour ceux qui hésiteraient devant les solutions révolutionnaires qui s’imposent. »

     (1er février 1943) : « Il ne saurait y avoir de place dans le dit Conseil ni pour les ouvriers de la dernière heure, ni pour ceux qui hésiteraient devant les solutions militaires et révolutionnaires qui s’imposent. »

     Voilà donc le joyau de l’idée même de Résistance telle qu’elle était portée par son Conseil National en un moment (mars 1944) où, déjà, celui-ci ne pouvait plus que balbutier sa souveraineté tant de Gaulle le serrait à la gorge.

Vidéo de l'exposition Jean Moulin

22 septembre 2012

5. Qui dit "Jean Moulin" dit (devrait dire) "Pierre Cot"

     La première réunion du Conseil National de la Résistance, celle qui a eu lieu le 27 mai 1943 - la seule qui aura pu être présidée par Jean Moulin - permet de rassembler une nouvelle série d'indices qui auraient pu ne pas être négligés par ceux qui se qualifient eux-mêmes d'historiens...

     L'appartement du 48 rue du Four était la propriété des époux Corbin, amis de l'ancien ministre de l'Air du Front populaire, Pierre Cot. Les deux secrétaires généraux du Conseil National de la Résistance, Robert Chambeiron et Pierre Meunier, étaient d'anciens membres du cabinet ministériel de celui-ci. Et Jean Moulin?...

     La première rencontre de Jean Moulin avec Pierre Cot remonte aux environs de 1925. Le futur président du Conseil de la Résistance, alors âgé de vingt-six ans, était chef de cabinet du préfet de la Savoie.

     Pierre Cot, son aîné de quatre ans, était, lui, au seuil d’une carrière politique de grande dimension : en 1928, il est élu député ; en décembre 1932, il devient sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères et appelle à ses côtés, au titre de chef adjoint de cabinet, son ami Jean Moulin. Mais le gouvernement de Joseph Paul-Boncour tombe le 15 janvier 1933. (NB : le 30 janvier, Adolf Hitler sera nommé chancelier du Reich.)

     À la mi-janvier, Daladier prend la tête du nouveau gouvernement. Pierre Cot y obtient le ministère de l’Air. Jean Moulin, qui doit veiller à la continuité de sa carrière préfectorale, ne deviendra son chef de cabinet qu’à compter du 7 octobre : Pierre Cot est alors de retour d’un voyage en… U.R.S.S.

     Pour la première fois, un ministre en titre du gouvernement français s’était rendu au pays des Soviets, persuadé, comme il l’écrira dans un livre publié en 1944 « qu’une synthèse unissant l’esprit de la Révolution française et l’esprit de la Révolution russe peut fournir à l’Europe les formules capables de renouveler son idéologie politique et de rajeunir sa démocratie ».

     Or, Pierre Cot revient effectivement d’U.R.S.S. avec, en tête, un projet qu’il formule dans une lettre adressée le 14 octobre – Jean Moulin est officiellement en fonction auprès de lui depuis une semaine – au ministre des Affaires étrangères et ancien président du Conseil Joseph Paul-Boncour, à qui il propose un programme dont on mesure toute l’importance en songeant que l’Allemagne est désormais aux mains des hitlériens :
     «
1° La négociation de contrats de collaboration technique permettant à nos ingénieurs des Chemins de fer, des Ponts et chaussées, de l’Aéronautique et du Génie maritime, si lourdement menacés par le chômage, de trouver du travail en U.R.S.S. et de prendre leur part à une oeuvre essentielle pour la sécurité du pays ;
     2° Des échanges de missions militaires ;
     3° La mise à l’étude d’un contrat d’assistance industrielle pour le cas de conflit ;
     4° La mise à l’étude d’un pacte d’assistance mutuelle.
»

     Mais le 24 octobre suivant, le gouvernement Daladier tombe. Viennent ensuite Albert Sarraut (26 octobre 1933), Camille Chautemps (26 novembre 1933) et Édouard Daladier (30 janvier 1934), qui tous reprendront Pierre Cot au ministère de l’Air, Jean Moulin demeurant son chef de cabinet. 

     Or, dès le 7 février 1934, Daladier, en totale opposition avec Pierre Cot, abdique devant l’émeute fascisante. Il faudra attendre la victoire électorale de mai 1936 pour voir Pierre Cot (et son chef de cabinet Jean Moulin) reprendre son poste de ministre de l’Air, et, cette fois, dans le gouvernement dit de Front populaire, dirigé par Léon Blum.

     Voilà qui suffira momentanément à faire saisir la proximité de Jean Moulin avec son patron et ami Pierre Cot. (Pour le reste, on gagnera à se reporter au "Fallait-il laisser mourir Jean Moulin?" de Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange)

Vidéo de l'exposition Jean Moulin

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23 septembre 2012

6. Les critères de la souveraineté du Conseil National de la Résistance

     Au moment même où Jean Moulin, en 1943, parvenait à faire accepter le principe du "Conseil de la Résistance" à de Gaulle, aux partis politiques, aux organisations syndicales et aux mouvements de résistance, en organisait et présidait la première réunion, puis se faisait arrêter par Klaus Barbie grâce à une trahison qui venait de loin, et, pour finir, périssait des brutalités qui lui avaient été infligées (le 8 juillet 1943), Pierre Cot, réfugié aux États-Unis rédigeait un ouvrage dont le contenu apparaît tout bonnement stupéfiant : « Le procès de la République ».

     Stupéfiant en ce qu’il permet de voir que Jean Moulin n’était pas seul à se soucier des questions de souveraineté au sein de la Résistance. Qu’on en juge…

     Quelle place accorder au Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) d’abord coprésidé par le général Giraud et par le général de Gaulle, puis par celui-ci, seul, et installé à Alger ? Quel peut être son niveau d’autorité dans la hiérarchie de la Résistance ?

     Voici la réponse de Pierre Cot qui écrit à l’été et l’automne de 1943 :
     «
Qu’est-ce, en effet, que le Comité d’Alger ? Ce n’est évidemment pas un Gouvernement légitime, susceptible d’une reconnaissance de jure. Ce n’est pas davantage le gouvernement de fait de la nation française, son pouvoir ne s’étendant malheureusement au territoire français métropolitain. Étant donné ses origines et sa composition, le Comité d’Alger est un gérant d’affaires ; c’est le negotiorum gestor du Droit romain. Ce gérant d’affaires n’est pas substitué aux autorités régulières de la République ; il représente à l’extérieur et gère à l’intérieur les affaires de la République, pendant le temps et sur les points du territoire où ces autorités légitimes sont empêchées d’exercer leurs pouvoirs, par des circonstances de force majeure. Quand bien même on démontrerait qu’il est le mandataire des organisations de "résistance" et que son mandat est illimité, sa condition juridique ne serait pas changée – ces organisations n’étant que l’élément le plus noble de la nation française, mais non la nation elle-même dont la souveraineté est indivisible. Le Comité d’Alger est le gérant d’affaires de la République et le délégué général de la "résistance" pour l’extérieur. »

     Venons-en, maintenant, à la place que Pierre Cot attribue au Conseil National de la Résistance dans l’expression de la "souveraineté de la nation" :
    
« Dans la hiérarchie de la résistance, la préséance du Conseil National est naturelle, parce qu’il est une expression plus directe, plus démocratique de la volonté nationale. […] Dès que les circonstances le permettront, le Conseil National de la Résistance apparaîtra et c’est alors lui qui parlera et décidera au nom du peuple français. »

     Pierre Cot conclut :
    
« On voit ainsi s’élaborer, dans les faits, un régime démocratique de transition, correspondant, à la fois, à la volonté du peuple et aux circonstances. Dans ce régime, la souveraineté continue d’appartenir au peuple ; cette souveraineté est exercée par le Conseil National de la Résistance, jusqu’à ce que des élections libres permettent la formation d’une Assemblée Nationale ; le Comité de Libération Nationale est l’organe exécutif du Conseil de la Résistance – et comme tel responsable devant le Conseil. »

     De ce point de vue donc, le très célèbre Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944 était l’émanation de l’organe porteur, à ce moment-là, de la souveraineté nationale, à l’exclusion de tout autre.

     Au surplus, il était porteur d’une dynamique d’ensemble dont il n’est pas possible de reprendre ici les différents vecteurs, mais qui laissait place à un tout autre schéma de vie en société que celui qui a fini par triompher quelques brèves années plus tard…

Vidéo de l'exposition Jean Moulin

24 septembre 2012

7. Quand l'Histoire de France s'en va à la dérive...

     Le caractère désormais plus ou moins clandestin de la date anniversaire de la première réunion du Conseil National de la Résistance dont le bruit selon lequel il était souverain tarde à se répandre, et le "triomphe" apparemment imparable de l'appel du 18 juin 1940 et des modalités d'explication qu'il fournit au "relèvement" de la France, posent d'abord et avant tout la question de la personnalité politique et historique réelle de Charles de Gaulle.

    
Le traitement que, dans cette page particulière (445 du tome II des Mémoires de guerre), l'homme du 18 juin a réservé à un document essentiel de l'Histoire du peuple de France laisse entrevoir quelque chose qui est tout simplement monstrueux... mais, en même temps, très "naturel" pour un pays comme la France..., d'une France qui n'est peut-être pas celle que nous croyons..., et qui aura été inventée soigneusement - et pas seulement depuis la Seconde guerre mondiale - pour faire taire ce qu'en qualité de citoyennes et de citoyens nous aurions
pu avoir de meilleur. Par qui? Par qui a donc été bidouillée cette Histoire de France-là?

     Par l'Université, qui a laissé faire, quand elle n'y a pas, elle-même, prêté la main... Par une presse écrite, radiophonique et télévisuelle dont on ne voit pas comment elle pourrait ne pas se soumettre à ce qu'exige le régime économique, politique et idéologique dans lequel nous nous sommes mis à vivre dès septembre 1945, date de l'envoi par De Gaulle - agissant apparemment à titre tout à fait personnel (à moins qu'en qualité d'homme-lige de la très française Banque d'Indochine...) - d'un corps expéditionnaire du côté de Hanoï pour bien montrer, à un monde à peine sorti de la guerre la plus terrible de tous les temps, qu'entre lui - de Gaulleet les communistes, il ne pouvait y avoir que du sang, à moins qu'ils ne se soumettent entièrement à sa personne... et aux critères du système capitaliste impérialiste.

     Cette marque de sang, c'est d'ailleurs lui-même qui saura plus tard en souligner la provenance, ainsi qu'elle reste inscrite dans une malheureuse Histoire de France dont il faudra bien finir par montrer en quoi elle a été écrite pour notre plus grande honte...

     ...et Jean Moulin (qui n'aurait eu que 46 ans en 1945) n'y étant plus... grâce à la Cagoule (oui, oui..., made in France).

     Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore compris qui était Charles de Gaulle,
ni sur quoi repose la Constitution de la Cinquième République :
Vidéo Michel J. Cuny : Et de Gaulle... combien de morts ?

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25 septembre 2012

8. "En France, pour vous, c'est terminé!"

     La mise sur la place publique de la forfaiture - en termes propres - réalisée par de Gaulle à partir du texte de création du Conseil National de la Résistance dont il s'était pourtant porté garant par sa signature en février 1943, remonte à la parution, en 1994, de l'ouvrage "Fallait-il laisser mourir Jean Moulin?" de Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange.

     Depuis bientôt vingt ans... silence (radio?). Non : silence universel.

     Il ne faut pas faire savoir cela... Il ne faut pas... Il ne faut pas...

     Et d'ailleurs, vous ne pourrez pas.

     Une anecdote vaut d'être rapportée ici, puisque, jusqu'à preuve du contraire, voici qu'existe Internet, et qu'il est désormais un peu plus difficile de nous (Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange) clouer le bec.

     Au temps où nous achevions la mise au point du manuscrit de "Fallait-il laisser mourir Jean Moulin?", nous avons rendu visite à Lucie et Raymond Aubrac. Ailleurs, nous en dirons davantage sur les éléments essentiels qu'ils ont bien voulu porter à notre connaissance, ce jour-là. Pour l'instant, il suffira d'indiquer que, parmi les personnes auprès desquelles elle et lui ont bien voulu nous offrir leur recommandation, il y avait la fille de Pierre Cot, c'est-à-dire la fille de celui dont nous nous plaisons à dire qu'il a été sans doute le plus grand homme d'Etat français du XXème siècle, et tout particulièrement par effet de synergie avec Jean Moulin.

    Annie Cot se révélant être l'épouse de Jean-Noël Jeanneney (petit-fils du président du Sénat de la Troisième République, Jules Jeanneney, et fils du ministre de de Gaulle, Jean-Marcel Jeanneney), nous eûmes l'extrême plaisir de faire également la connaissance de cet homme charmant et très documenté, puis, après qu'il eut achevé la lecture de l'exemplaire que nous avions offert à Annie Cot, de venir à sa rencontre, cette fois dans son bureau de Sciences-Po où il nous a accueillis avec ces mots que l'avenir n'a, jusqu'à présent, jamais démentis : "Compte tenu de ce que vous avez découvert et publié à propos du général de Gaulle, en France, pour vous, c'est terminé. Vous n'aurez jamais aucun appui ni de la presse, ni de l'Université."

     Tout ceci, bien sûr, parce qu'il n'y a pas que le coup de l'adverbe "souverainement" qui apparaisse dans "Fallait-il laisser mourir Jean Moulin?" Mais peut-être certains n'auront-ils rien perdu pour attendre.

     En effet, en ce qui concerne toutes ces années de silence médiatique imposé, et d'ailleurs continué au long de la parution de nos livres subséquents, elles nous ont offert trop de documents pour qu'il soit possible d'en faire vraiment le tour très vite, à moins que grâce à Internet...

    Tiens, un détail, et dans ce qui n'est peut-être pas un tout autre domaine... Regardez donc comment l'Université française et, à sa suite, l'ensemble de l'Education Nationale, se vautrent dans l'ignoble en entretenant la légende de ce Voltaire qui n'est pourtant qu'un des plus grands criminels avoués que l'Histoire moderne ait connus.

     Bonne pioche, décidément, pour vérifier laquelle on pourra se reporter (par un clic sur le titre) à Michel J. Cuny, "Voltaire - L'or au prix du sang", Editions Paroles Vives, 2009.

Vidéo de l'exposition Jean Moulin